bltedouard a écrit:Les bombardiers italiens plafonnent à peine plus haut que la limite du 105/17 ou du 75 (17-34) ≈ 7000m
Ps : concernant les bombardiers français capables de bombarder en haute altitude n'oubliez pas nos Farman

Il convient de faire la différence entre l'altitude de vol maximale d'un appareil et son altitude "pratique " opérationnelle.
La première citée était généralement obtenue lors d'essais en vol, eux-mêmes, spécifiques, menés dans certaines conditions de charge (y compris le carburant!) et, également, météorologiques, le tout selon un plan de vol soigneusement minuté - l'altitude maximale atteinte étant censée être maintenue durant un temps préalablement convenu, qui généralement pouvait varier entre 15 et 30 minutes, dans les années 1935-1940.
L'altitude pratique opérationnelle, elle, doit satisfaire à plusieurs critères, charge au décollage, vitesse ascensionnelle, consommation en carburant la mieux adaptée, durée prévisionnelle de la mission et, bien entendu, les conditions "météo" en altitude.
Déjà la pression atmosphérique chute régulièrement en fonction de l'altitude (je vais utiliser les anciennes mesures exprimées en millibars)
Niveau de la mer (0 m) : 1 013 millibars
1500 mètres : 850 millibars
3000 mètres : 700 millibars
5500 mètres : 500 millibars (la pression est divisée par deux)
10 000 mètres : 265 millibars
En parallèle la T°, elle, chute de 6,5° C par tranche de 1000 m - au quotidien, on arrondit à 7°

- . Par convention, en Europe Occidentale, la température "standard" au sol, toutes variations annuelles confondues, avait été fixée à +15°C, à l'altitude "zéro" (niveau de la mer) - corrections à effectuer sur le terrain, avant décollage, sur les appareils de mesure du bord (altimètre, Badin, etc.)
Cà nous donne pour résultat, aux mêmes altitudes que précédemment :
1500 m : 15-7° -3° = + 5° C
3000 m: 15- 21° = -4°C
5500 m : 15- 38° = -23°
10 000 m : 15- 70° = - 55°
En réalité, sorti de la troposphère et une fois entré dans la stratosphère, qui s'étend de 10 000 à 50 000 m d'altitude, si je me souviens de mes cours

- , la température extérieure tend à se stabiliser entre -52° et -55°C.
Dans les appareils (chasseurs, bombardiers) de la Seconde Guerre Mondiale, seuls, les occupants de la cabine de vol bénéficiaient d'un chauffage presque correct (quand il fonctionnait!). Sinon, les autres postes, comme les mitrailleurs de flancs, à bord des Boeing B-17, se retrouvaient exposés aux températures extérieures, dont l'effet était, lui-même, accentué par la vitesse de l'appareil. Il convient, là, de bien s'imaginer leurs situations, exposés durant de longues heures de vol (à l'aller comme retour), aux effets du froid ambiant qui régnaient, alors, dans les carlingues! Tous les souvenirs existants de ces mitrailleurs de flancs, de tourelles dorsales, ventrales, évoquent, unanimement, l'engourdissement et le redoutable assoupissement que le froid générait, en dépit de leur "harnachement généreusement fourré"!
Pour ces différentes raisons, entre 1939 et 1942, le plafond pratique des bombardiers et des chasseurs avait rarement excédé 7 000 m, à l’exception des appareils d’observation à haute altitude. Cas particulier, le quadrimoteur Boeing B-29, qui bénéficiait d'une cabine "pressurisée" et d'une altitude de 9 555 m, n'avait jamais été engagé sur le "Front Ouest" - on oublie, dans ce contexte, la petite demi-douzaine de B-29 convertis spécialement pour le largage des deux bombes nucléaires sur le Japon et l'enregistrement de leurs effets!

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En résumé, durant la Seconde Guerre Mondiale, les équipages des bombardiers avaient, tous, souffert des effets de la chute pression atmosphérique et de la chute des T° en fonction de l'altitude! Déjà, à 5500 m (16 500 pieds), la pression atmosphérique , qui avait été divisée de moitié, compliquait la respiration, tandis que la T° ambiante était de l'ordre de-20/-23°C (mesurée à l'abri!).
La (seule) pressurisation des carlingues avait alors constitué, un problème complexe, car le moindre pélot de DCA qui y générait un "trou", flinguait l'appareil... ce qui n'était pas le cas à bord d'un appareil "non pressurisé".