Danibar a écrit:
Dans le livre de Monique Luirard " Le Forez et la Révolution Nationale" page 52 elle écrit que la presse française signale la "correction" des Allemands durant cette invasion forézienne en donnant des exemples . Comme quoi les mêmes hommes qui n'ont pas hésité à bafouer les lois de la guerre en massacrant des prisonniers quelques jours auparavant se révèlent de parfaits "gentlemen" dans d'autres circonstances. Ce que l'on retrouve dans d'autres témoignages de Français qui relèvent que ces Allemands cèdent leur place dans le métro parisien aux femmes, personnes âgées, anciens combattants ...Et un an plus tard ils accompliront à nouveau des crimes odieux durant leurs campagnes de guerre et d'extermination programmée.
Que ce soit à l'échelle d'un petit groupe, d'une nation ou d'un individu, le caractère "biface" semble être un trait commun de l'espèce humaine .
De manière générale, la
Wehrmacht, l'ensemble des forces armées allemandes,
Heer (
Waffen-SS inclus),
Luftwaffe et
Kriegsmarine, avait reçu, alors, des consignes très strictes, quant à leur "voisinage" en territoire français.
Sur les clichés du
PK Bergmann, "pris sur le vif", il y a des images qui peuvent, de nos jours, paraitre insolites, l'importance des "curieux français", voire celle évoquée un peu plus haut, où on retrouve de " très fraichement prisonniers de guerre" français " aimablement mélangés à des
Waffen-SS, autour du caméraman en train d'installer sa caméra!
Sans aucunement vouloir prétendre exonérer l'Occupant des exactions et autres atrocités qu'il avait commises, durant sa présence, au moins jusqu'en juin-juillet 1944, il convient aussi de distinguer son comportement "général au quotidien", de celui des services spécialisés, chargés de réprimer et "anéantir" la résistance armée interne, qui n'avait, elle-même, en France, commencé ses toutes premières actions "isolées" qu'à dater du second semestre 1941.
Le "Biffin " allemand, appartenant à 'l'Armée régulière", s'était de manière globale plutôt bien comporté envers l'Occupé. Il n'y avait, par exemple, quasiment eu pas de viols de sa part - les rares constatés, durant cette période, ayant été très sévèrement punis -. Au sujet des viols, les études les plus sérieuses, les chiffrent, en France, autour de "200 000" victimes de la part des troupes alliées, après le D-Day, forfaits essentiellement perpétrés par des troupes US de seconde ou troisième ligne, les troupes de première ligne n'étant, elles quasiment pas concernées!
Par contre, il est vrai, aussi, que les planches-contacts du PK Bergmann, prises dans la foulée de la dernière décade de juin 1940, "s'attardent" à "immortaliser" des "tirailleurs sénégalais". Il y a plusieurs explications à ce sujet! L'Allemagne impériale avait, certes, possédé quelques colonies africaines, mais, aucune de ces unités, hormis leur état-major blanc, à certaines occasions, n'avait foulé le "
Heimat". De même, contrairement, à l'armée française, aucune d'entre elles - sauf erreur de ma part! - n'avait, alors, été engagée en Europe. Pour compléter le tout, les Allemands de "14-18" avaient une trouille bleue de nos unités africaines, réputées pour être "impitoyables" dans les combats de tranchés.
Donc, en gros, en mai-juin 1940, on s'était retrouvé avec des troufions allemands, qui n'avaient jamais vu la couleur d'un "
Noir" - désolé, pour cette "catégorisation brutale!" inadaptée -, dans leurs rangs, mais, qui, en plus, d'après le récit de leurs "Anciens", s'était avéré être une "vraie terreur au corps à corps"! Accessoirement, le troufion allemand ne pigeait pas, non plus, comment ce "prisonnier de guerre" africain, à l'aspect aussi "paisible" et "obéissant", pouvait se transformer en "tueur" (sans émotion).
Là, c'est très-très compliqué, car il convient d'en revenir aux "habitudes historiques locales" et aux nombreux conflits tribaux, qui, selon le cas, soit faisaient du guerrier, un vainqueur, soit un vaincu, blessé et achevé sur le "champ de bataille" - selon nos propres usages moyenâgeux -, soit un esclave à vie, s'il était en bonne santé, pour être vendus aux marchands d'esclaves "musulmans", puis "européens" qui avaient profité de l'usage "colonial" existant, pour ainsi recruter de la main-d’œuvre à "bon marché".
Je connais, personnellement, bien l'Ile de Gorée, en face de Dakar, ma propre mère y étant au demeurant née. Sur l'ile, il existe les vestiges d'un bâtiment par lequel, durant l'ancienne présence française coloniale, qui, elle-même, avait été des plus épisodiques entre 1677 et 1817, serait, selon les guides sénégalais, passés des "millions d'esclaves"... il y a juste deux ou trois problèmes, selon moi; déjà, une, l'enceinte fait moins de 200 m² avec 'le vent dans le dos", deux, la porte d'accès vers la mer, destinée à l'embarquement des esclaves sur les navires négriers, s'avère "ridiculement" étroite - il convient de mesurer au maximum 1,60 m et d'être de conformation particulièrement "mince" pour parvenir à la franchir "tout seul"!
Il n'est nullement question de tenter de faire du négationnisme sur la réalité de l'existence du "commerce triangulaire" français et de l'exploitation des esclaves africains dans les "Antilles françaises" et dans l'ancienne Acadie américaine, sauf que, hormis, peut-être, les possessions françaises de Saint-Domingue, l'actuelle Haïti, au demeurant un cas très particulier (!), le "fonctionnement" de la reproduction des 'esclaves" avait rapidement reposé sur leurs propres "relations intimes", sans même parler de celles avec la population créole locale, qui, elles, avaient généré des générations "métisses libres"! ... Rien de tel, au passage, chez les Brits, mais bon!
On en a, aussi, un très un bon exemple avec le Canada Français, où, en 1759, quand il avait fallu le céder aux Brits, à la fin de la Guerre de Sept Ans, plus de 50 % de la population française résidente était, elle-même, issue du métissage avec les populations amérindiennes locales. Le célèbre roman "
Le Dernier des Mohicans", de Fenimore Cooper, lui-même, auteur américain, publié en 1823, m'a toujours fait doucement marrer, car les Brits, contrairement aux Français, n'avaient alors strictement rien "à secouer" des tribus indiennes et des métis franco-amérindiens! Amen!
