RoCo a écrit : Petit hors-sujet, mais qui ne doit pas empêcher Bernard de poursuivre son analyse des combats d'Esch-Alzette
Aucun souci RoCo, ces contributions sont intéressantes et bienvenues.
Après les alertes du 9 au 21 avril déclenchées par les opérations en Norvège, tout est redevenu paisible à l’Ouest. Le 6 mai, les Pays-Bas sont alertés par leur attaché militaire à Berlin, le major Sas. Les troupes en position à l’Est sont mises en alerte le matin du 7 et, pour la première fois, tous les permissionnaires sont rappelés (la presse française s’en fait l’écho le 8 mai). Dans la journée du 9, la situation semble se détendre un peu mais, dans la soirée, les unités à la frontière signalent beaucoup d’activité du côté allemand et le major Sas annonce que l’invasion débutera dans la nuit. Les destruction prévues à la frontière sont alors ordonnées mais la zone arrière, là où les parachutistes allemands interviendront au petit matin, n’est pas mise en alerte.
Au Luxembourg, l’ordre est donné le 8 mai de fermer les portes d’acier de la ligne Schuster de 23h00 à 06h00. Dans la journée du 9, des informations de sources fiables informent de l’imminence de l’attaque allemande. Vers 22h00, le ministre de Belgique au Luxembourg prévient de la prochaine attaque les autorités luxembourgeoises et la légation de France. Dans la soirée, de multiples indices annoncent le franchissement à brève échéance des frontières hollandaise, belge et luxembourgeoise. Les organes diplomatiques et le services de renseignement français au Luxembourg donnent l’alerte avant minuit.
Le 10 mai à 0h10, c’est l’alerte générale au Grand Duché et en Belgique.
Vers minuit, les unités de l'Abwehr ont franchi les cours d’eau frontière (Our, Sûre, Moselle) en bateau pneumatique ou à gué. Avec le concours d’allemands déjà présents au Luxembourg et de sympathisants luxembourgeois, les allemands prennent le contrôle de certains points importants, attaquent les gendarmes luxembourgeois et s’emparent des postes radio du réseau d'alerte.
À 2h15 les premiers incidents éclatent à Felsmühle. À 2h40 c’est un incident à Bous. Des mouvements de troupes étant, en outre, observés à la frontière sur les rives allemandes, à 3h15 l’ordre est donné de verrouiller les portes d'acier de manière définitive (du côté allemand uniquement). Aucun détachement de l’Abwehr n’aura réussi empêcher la fermeture des portes.
Entre 3 et 4 heures d'autres incidents ont lieu (Wasserbillig, Clervaux).
Du côté français, le général Gamelin est prévenu vers 01h30 que l’armée allemande se met en mouvement (renseignement reçu au GQG vers une heure du matin). Le ministre de France au Luxembourg prévient le Quay d’Orsay de ce qui se passe au Luxembourg. Le GQG est informé.
D’autres informations sur la dégradation de la situation sont transmises au GQG entre 01h40 et 04h00 mais la mise en alerte des armées ne se fait qu'à partir de 04h15.
(à suivre)